Depuis quelques années, la pratique du time-out (retrait) pour gérer certains comportements problématiques chez les enfants déchaîne les passions. À écouter certains commentateurs, les études montreraient que le retrait est une méthode dangereuse, une torture psychologique, une domination de l'enfant par l'adulte qui s'appuie sur des repères traditionalistes dépassés. Est-ce vrai ?
Pour que vous puissiez en avoir le cœur net, nous avons demandé à la Dre Isabelle Denis, psychologue clinicienne, chercheure et professeure de psychologie à l'Université de Laval, de réaliser une revue complète de la littérature sur le sujet.
Elle a donc passé des dizaines d'heures à lire - entre autres documents - les sources citées par les détracteurs et les défenseurs du retrait afin que vous puissiez appuyer votre pratique sur des données robustes.
Divulgâchons tout de suite ses conclusions : de nombreux mythes ont été véhiculés à propos du retrait. Ainsi, toutes les affirmations qui suivent sont fausses.
- Le retrait engendre des dommages neurologiques ;
- Le retrait menace l’attachement ;
- Le retrait affecte les capacités d’autorégulation des émotions des enfants ;
- Le retrait n’adresse pas les causes sous-jacentes aux comportements problématiques ;
- Le retrait est inefficace et peut même augmenter les difficultés comportementales ;
- Le retrait n’enseigne pas de nouveaux comportements.
Les effets du retrait ont été observés, évalués et mesurés par la communauté scientifique internationale. Il s'agit d'une stratégie efficace et non dangereuse qui améliore la relation parent-enfant et permet de mieux gérer certaines difficultés comportementales comme l’agression physique et verbale.
Cependant, pour bien l'appliquer, il convient de respecter des règles d'usage. Cette formation présente donc les données d’efficacité et les recommandations concernant l’application du retrait, ainsi qu’une marche à suivre étape par étape pour une application efficace et sensible aux besoins des enfants.