La prise en charge de l'autisme est entrée dans une période d’instabilité. Toutes les méthodes de traitement de l'autisme hier jugées ‘’scientifiquement prouvées’’ ont vu leur efficacité et leur justification éthique largement questionnées par les données scientifiques accumulées ces 10 dernières années. Aujourd'hui, plus aucune intervention ne peut être recommandée sans réserve, car leur efficacité et l'enthousiasme qui a parfois accompagné leur mise sur le marché ont été invalidés par des données scientifiques robustes, la révélation de conflits d’intérêt financiers, les prises de position des adultes autistes et une meilleure compréhension de l’évolution spontanée de cette condition.
Par ailleurs, la définition de l'autisme est elle aussi en grand changement : pendant de nombreuses années, l'autisme a été considéré comme une maladie à soigner, une différence à gommer, une source d'inquiétude et d'inconfort qui justifiait qu'on impose aux enfants autistes des emplois du temps surchargés et des exercices contraignants. Par un mouvement de balancier, l’autisme est maintenant considéré comme un style de vie ou un tempérament dont on oublie la marginalité majeure et fondamentale dans les cas prototypiques, au moins dans la petite enfance.
Il faut donc prendre position devant deux réalités contradictoires : au début de leur vie, les enfants autistes présentent des différences d’intérêt, de comportements et de type d’apprentissage majeures d’avec les enfants typiques. Pourtant, la grande majorité des enfants autistes prototypiques acquièrent naturellement le langage, bien qu'avec retard. À l'âge adulte, certains d'entre eux ne rencontrent plus les critères diagnostiques. Le fait de les avoir soumis à une intervention précoce ne change absolument rien à cette évolution, qui paraît faire partie de son histoire naturelle.
Dans une situation ou la science nous dit surtout ce qui ne fonctionne pas ou ce qui change spontanément, il n'est pas évident pour parents et professionnels de savoir comment accompagner un enfant autiste prototypique qui ne parle pas et ne communique pas, nous qui sommes habitués à nous sentir exister à travers le partage et le langage.
En l'absence de recommandations pour l'intervention et de ‘’meilleures pratiques’’, quoi faire ? C'est la difficile question à laquelle le Prof Laurent Mottron va tenter de répondre dans cette présentation.
Il n'y présente pas une méthode mais des principes d’action, adaptables par chacun, qui résument le fruit de son expérience de clinicien, d'évaluateur et de chercheur pendant des dizaines d'années. Il décrit des passerelles possibles entre le monde des personnes autistes et celui des personnes typiques, loin du paradigme de la maladie à soigner, proche des intérêts et des forces de l'enfant. Il ne nie pas leur marginalité, mais ne s'éloigne pas non plus de ce qui, chez eux, les maintient dans la plus humaine des humanités. Il raconte ce qu'il aurait fait aujourd'hui, s'il avait été le parent d'un enfant autiste.
Cette présentation est utile à tous, psychologues chevronnés, psychiatres experts, intervenants spécialisés, membres des familles, accompagnants. Elle fait le point sur la compréhension actuelle de l'autisme et des périodes clés de leur développement. Elle analyse l'échec des méthodes d'intervention actuelles et propose une approche appuyée sur les forces et la détection des intérêts, comme sur le développement spontané de celles-ci. Elle aborde ensuite la question des comportements indésirables, de la vie d’un enfant autiste dans un groupe neurotypique, et les conditions qui pourraient faciliter l'acquisition du langage.
Écouter cette présentation devrait modifier profondément notre compréhension des enfants autistes que nous côtoyons comme parent ou professionnel, notre attitude vis-à-vis d'eux, et surtout le sentiment de ce que chacun d’entre nous doit et peut faire pour les aider ou les élever. Rejoignez-nous dans ce voyage passionnant !