Le Dr Alexandre Francisco : une énergie contagieuse, une authenticité captivante


Une montagne dans la distance

Photo by Simon Berger on Unsplash



Texte de Pierre-Marie Houdry, directeur d'Asadis à partir de propos recueillis par Gabrielle Ciquier, doctorante à l'université McGill

Lors de ma première rencontre avec Alexandre Francisco - il y en a eu plusieurs depuis - c'était en pleine pandémie. Nous étions tous enfermés chez nous et les écrans de nos ordinateurs étaient nos seules fenêtres sociales. Nous avons enregistré ses deux premières formations ainsi : lui dans le sous-sol de sa maison, moi dans la pièce qui me servait de bureau dans mon appartement montréalais. Ce qui m'a frappé à l'occasion de ces deux tournages, c'était l'énergie enthousiaste qui l'animait malgré les circonstances mais aussi le niveau d'attention avec lequel il choisissait les mots les plus précis pour décrire simplement les concepts les plus complexes. Plus tard, au gré des projets que nous préparions, nous avons passé des heures au téléphone à discuter de mots clés, de titres, de concepts psychodynamiques.

À Asadis, nos clients nous racontent souvent à quel point ils apprécient ses formations. Pour rendre hommage au grand travail qu'il réalise, nous avons souhaité dresser son portrait.

Psychologue depuis 1998, il a beaucoup travaillé en psychiatrie et dans des services spécialisés en troubles de la personnalité. Il est superviseur, chargé de cours, conférencier…  Il est passionné par les processus de symbolisation, d’appropriation subjective et les troubles de la personnalité. Cliquez ici pour retrouver son impressionnante biographie!

Ce qui suit est une entrevue avec ce psychologue exceptionnel. Bonne lecture!

Pouvez-vous nous dire quand vous avez décidé que vous vouliez être psychologue ?

J'ai toujours su que je voulais être aidant. Très jeune, j'ai été attiré par les expériences de partage, d’écoute et de sensibilité. J'ai compris que je voulais être psychologue dès mon premier cycle à l'université, puis j'ai poursuivi avec une maîtrise. À 24 ans, j'étais psychologue (note : le doctorat n'est devenu obligatoire au Québec qu'en 2006). Ma passion pour mon travail n'a cessé de grandir au fil des années.

Y a-t-il eu un changement dans votre façon de travailler après votre doctorat ?

Bien sûr, j'ai beaucoup appris pendant mes études de doctorat, mais ce n'est pas le doctorat qui a le plus forgé ma pensée clinique. J'ai été le plus instruit par mes patients, mes internes et mes superviseurs. Écouter mes patients m'a appris comment les aider. Travailler en psychiatrie générale pendant toutes ces années m'a permis de travailler avec des patients souffrant de divers types de traumatismes et de psychopathologies, tels que la psychose, les troubles de personnalité sévères et les troubles dissociatifs. Mes patients, mes superviseurs, mes collègues et mes étudiants m'ont beaucoup marqué. En tant qu'enseignant et superviseur, j'ai dû intégrer et véritablement maîtriser les concepts que j'utilise en clinique.

Y a-t-il un patient qui vous a particulièrement marqué ?

J'ai suivi une patiente à l'Hôpital Maisonneuve Rosemont qui était particulièrement traumatisée. Elle avait tout pour inciter à penser que le pronostic serait sombre. Cependant, j'ai rapidement remarqué chez elle un intérêt pour les arts, lesquels semblaient être un facteur de résilience. Les arts permettent aux patients d'avoir un espace où ils créent, et donc où ils peuvent exprimer, symboliser ou mentaliser leur traumatisme. Au cours de la thérapie, j'ai proposé à cette patiente d'écrire pour mieux exprimer ses émotions. Au début, elle se limitait à faire des gribouillis et il y avait des traces de sang sur les feuilles. Puis elle a lentement commencé à mettre des mots sur le papier. Elle me laissait ses écrits dans mon casier et je m'engageais à les lire avant nos séances. Vers la fin de la thérapie, elle avait écrit près de 300 pages. Grâce à cette thérapie à très long terme, j'ai appris ce que signifie être au chevet psychique de la personne. Tous mes patients atteints de troubles de personnalité limite m'ont également beaucoup appris.

Pourquoi êtes-vous particulièrement intéressé par les troubles de personnalité limite ?

J'ai soif d'authenticité - que l'autre le soit et que je le sois. On comprend rapidement avec les patients « borderline » que si l'on n'est pas authentique, ça ne marchera pas. Autant par leur pathologie que par le trauma qu'ils ont vécu, ils nous donnent accès à une forme de vérité sur la nature humaine. La relation est également cruciale dans leur traitement.

Comment êtes-vous devenu psychodynamicien ?

Mon premier superviseur était psychodynamicien. J'ai commencé à m'intéresser à la psychodynamique lors de ma maîtrise et mes mentors tels que les Drs Hélène David, Marc-André Bouchard, Dominique Scarfone, Denis Lafortune et surtout André Monast et Marcel Hudon qui m’ont inspiré personnellement et professionnellement.. J'ai commencé à lire beaucoup sur le sujet. Lorsque je suis arrivé à l'Hôpital Maisonneuve Rosemont, il y avait déjà un groupe de psychodynamiciens, ce qui m'a permis d'explorer davantage.

Quels textes psychanalytiques vous ont particulièrement marqué ?

Deuil et mélancolie de Freud, Agonie, clivage et symbolisation de Roussillon, The use of an object  et Consultations pédiatriques de Winnicott, lequel contient des entrevues avec des enfants. L'article de Lecours et Bouchard intitulé Dimensions of mentalisation : Outlining levels of psychic transformation, est également utile pour comprendre la psychodynamique. Pour tout dire, tous les articles de Serge Lecours sont excellents tout en étant facilement accessibles. [sa formation pour Asadis est tout aussi passionnante que ses écrits, ndla]

Quelle est l'une de vos plus belles réalisations professionnelles ?

D'abord, je suis fier d’offrir de la psychothérapie dans le système public depuis presque 25 ans. Et puis, le soin aux patients. Comme dirait Winnicott, d'être « suffisamment bon ». Parfois, je plaisante avec mes patients en leur disant que « je suis un psy potable » et ils éclatent de rire. Je leur dis « la bouteille d'eau que vous avez, c'est de l'eau potable ? Ben, voilà, ça fait la job, hein ?


 

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