Mieux comprendre le trauma derrière les problèmes de comportements chez les jeunes …


Deux garçons faisant des grimaces

Dre Delphine Collin-Vézina, chercheure dans le domaine de la protection de l'enfance depuis 20 ans, a témoigné au début du mois à la Commission spéciale sur les droites des enfants et la protection de la jeunesse à Montréal. Le 5 novembre 2019, Dre Collin-Vézina a déclaré que les enfants qui sont signalés au Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) le sont trop souvent pour des troubles du comportement. Bien que des troubles de comportements soient présents chez ces jeunes, les intervenants et le système ont tendance à négliger de comprendre pourquoi ces comportements problématiques sont présents. En effet, la majorité de ces enfants ont vécu des traumatismes (agression sexuelle, physique, psychologique ou de la négligence physique ou psychologique), et ces troubles comportementaux en seraient généralement le résultat.

Bien que les intervenants de la DPJ soient bien intentionnés, leurs pratiques sont souvent inadéquates et même dommageables, et ce dû à un manque de formation. Selon les recherches de Dre Collin-Vézina portant sur les interventions de ces professionnels, les contentions et les mesures d'isolement et de retrait sont fréquemment utilisées auprès des jeunes lorsqu'ils ne suivent pas les règles, ne participent pas aux activités ou parce qu'ils viennent de fuguer. Dre Collin-Vézina insiste donc sur l'importance que les intervenants travaillant auprès de ces enfants, surtout les intervenants de première ligne, soient formés adéquatement sur le trauma, leur permettant ainsi de mieux comprendre l'origine de ces comportements et comment intervenir de façon appropriée. La réalité aujourd'hui est que les intervenants de première ligne sont trop souvent les moins expérimentés et les moins bien formés sur ce sujet, augmentant ainsi le risque que ces enfants ne soient pas correctement traités et potentiellement traumatisés à nouveau.

Ainsi, si un jeune est placé en centre de réadaptation pour des troubles de comportements, il serait préférable, dans un premier temps, d'intervenir auprès de l'enfant avec une approche empathique et, dans un deuxième temps, que les interventions se focalisent plutôt à aider l'enfant à apprendre comment mieux gérer sa colère et ses émotions et à développer ses facultés prosociales, au lieu de recourir à des mesures qui risquent de le heurter encore plus, et ainsi d'aggraver ses problèmes de comportement. 

Gabrielle Ciquier, M.Sc.

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