Le modèle structural est d'un grand intérêt pour le diagnostic et la psychothérapie

Un arbre semble pousser dans un lac avec une cascade en fond

Un grand nombre de notions propres à l’approche freudienne ont grandement influencé le modèle structural de la personnalité récemment enrichi par Kernberg et Bergeret. Bien qu'il soit plutôt associé aux théories psychodynamiques, il a été récemment montré que des psychothérapies basées sur d'autres théories modifiaient la personnalité de façon durable. Il est donc particulièrement intéressant de se pencher sur cette conception dimensionnelle du psychisme. Dans une formation dédiée au modèle structural, la Dre Julie Dauphin, psychologue, présente l’état des connaissances en la matière.

Selon ce modèle, les déterminants de la personnalité sont multiples. Ils comprennent la biologie, le caractère, l’environnement, les expériences… Toutes ces variables influent sur le développement psychoaffectif et sur l’organisation de personnalité de l’individu. Le modèle structural de la personnalité, qui a été validé empiriquement et que l’on retrouve dans le DSM-V dans la section consacrée aux modèles émergents, s’intéresse aux niveaux d’organisation de la personnalité, en termes notamment de maturité, et divise celle-ci en trois grandes structures de personnalité : la personnalité névrotique (qui inclus ladite « normalité »), la personnalité limite (à ne pas confondre avec le trouble de personnalité limite) et la personnalité psychotique. Chaque structure serait composée d’un ensemble de caractéristiques fondamentales du fonctionnement de la personnalité, appelés critères structuraux. Ces caractéristiques sont dynamiquement reliées entre elles pour former un tout cohérent chez une personne et permettrait d’expliquer le fonctionnement de la personnalité dans ses différents aspects (par exemple au niveau relationnel, affectif, comportemental, cognitif). Les critères structuraux sont les suivants : 1) l’intégration identitaire, 2) la maturité des mécanismes de défense utilisés, 3) l’épreuve de réalité, 4) la qualité des relations d’objet intériorisées, 5) la nature de l’angoisse, 6) la force du Moi, et 7) l’intégration du Surmoi. Lorsqu’une ou plusieurs de ces dimensions n’ont pas pu se développer harmonieusement, on parle alors d’un déficit structural. Celui-ci peut expliquer certains comportements ou certaines réactions de nos patients qui les amènent peut-être à consulter.

Pour ceux d’entre vous qui sont peut-être moins familiers avec l’approche psychodynamique, vous serez certainement surpris d’apprendre que les neurosciences cognitives confirment certaines des idées du modèle structural de la personnalité, comme, par exemple, le fait que la représentation que l’individu se fait de lui-même est très étroitement liée à l’environnement et à la façon dont il se représente cet environnement (ceci fait référence au critère (4), soit la qualité des relations d’objet intériorisées). Cliniquement, ce modèle est particulièrement utile, selon Dre. Dauphin, car il permet, entre autres, de prédire le pronostic, d’éclairer la nature et la fonction psychologique des autres symptômes et les diagnostics dits « comorbides », de rendre compte des répétitions et du transfert, et de situer les régressions et les gains structuraux durables.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à suivre la formation de la Dre. Julie Dauphin consacrée au modèle structural !

Gabrielle Ciquier, M.Sc.



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